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Petite histoire de la Franc-Maçonnerie

Cela commence comme une histoire sans nom. Il n’y eut ni traité, ni déclaration qui présidèrent à la naissance de la Franc-maçonnerie.
D’aucuns veulent rattacher la Franc-Maçonnerie moderne, née au 18ème siècle, aux corporations médiévales de bâtisseurs ; D’autres remontent encore plus loin. Il se peut que ce soit les Maçons qui posèrent les premières pierres de notre édifice…

« Archéo » Maçonnerie : du VIème siècle jusqu’au VIIIème siècle environ

Depuis que les Hommes ont inventé l’architecture, les métiers qui s’y rattachent se sont organisés. L’Egypte, la Grèce et surtout l’empire romain avec les Collegiae, ont connu des organisations professionnelles qui correspondaient à un double besoin :
Protéger et organiser les ouvriers des constructions publiques
Transmettre les secrets des constructions
Les invasions barbares ayant tout balayé, Il ne reste que très peu de témoignages historiques de cette époque. Le lien historique entre cette « archéo » Maçonnerie et la Maçonnerie opérative du moyen âge est donc difficile à démontrer.

Maçonnerie opérative médiévale : du XIème siècle au XIVème siècle

En France, le mot Mestier (Franc, libre) apparaît au XIIème siècle. Les métiers du bâtiment s’organisent alors en confréries. Les constructeurs d’édifices religieux, les cathédrales, jouissaient de privilèges, les « Franchises » qui les exonéraient d’impôts, de corvées et de charges. Les épiscopats étant les maîtres d’ouvrage, les ouvriers qui en dépendaient, n’avaient donc aucun devoir vis-à-vis du royaume, du seigneur ou de la ville.
Là aussi, il ne reste que peu de traces. Les loges se dissolvaient à la fin de chaque chantier, pour renaître sur un autre.
En Angleterre, le terme « loge » apparaît en 1268 et désigne le « local de réunion » ; Puis le sens du mot est élargi en 1352 à la notion d’ « assemblée ». Le mot « freemason » apparaît pour la première fois en 1376.

Maçonnerie de transition entre opératif et spéculatif : du XIVème siècle au XVIIème siècle

Les francs-maçons opératifs travaillent suivant des règles morales précises : rigueur, discipline, solides connaissances de la géométrie et de l’architecture.
La formation et les échanges de secrets de fabrication se font dans les « cabanes de chantier » : les loges.
Les loges servent à la resserre des outils de mesure, cordes à nœuds, cannes, compas, équerres, etc. On y prépare les plans et épures. Pour parler de géométrie, il faut évoquer la géométrie de Pythagore et d’Euclide, et donc la philosophie qui s’y attache. Ainsi, naît petit à petit, une Franc-Maçonnerie spéculative. une Maçonnerie qui réfléchit.
Dès le XVIème siècle, en France comme en Angleterre, les clercs d’Eglise, les aristocrates de petites lignées, les bourgeois co-financeurs, s’y intéressent et commencent à s’y réunir.
C’est le seul moyen en France, de philosopher hors la scolastique. C’est ce que l’on appellera « les Maçons Acceptés ».

En 1645, les anglais transforment une vieille société de métiers, en une association de rencontre et de réflexion. Ainsi s’affirme une Maçonnerie purement spéculative, au sein de laquelle survit ce qu’il reste des opératifs.

En France, deux évènements presque concomitants vont aider la mise en place d’une telle Maçonnerie spéculative.

En 1688 : Jacques II Stuart, roi catholique d’Angleterre et franc-maçon, est destitué et se réfugie en France, à Saint Germain où il fonde la loge « La Bonne foi ».

Dans le même temps, depuis la révocation de l’édit de Nantes en 1685, l’élite intellectuelle protestante est forcée de quitter la France. Elle émigre donc vers les pays d’Europe non catholique, dont l’Angleterre.

Maçonnerie spéculative : XVIIIème siècle

En 1717, en Angleterre, 4 loges londoniennes se réunissent dans la taverne « Goose and Gridiron » pour former la première grande loge : « La Grande Loge de Londres » , dite « Grande Loge des Modernes ».

En 1723, le pasteur James Anderson, aidé d’un juriste : Jean Théophile Desaguliers, membre de la Royal Society, fils d’un pasteur Huguenot réfugié en Angleterre, rédige les premières constitutions de la Franc-Maçonnerie. C’est l’acte fondateur de la Maçonnerie exclusivement spéculative.

Quelques années plus tard, en 1728, naîtra la première « Grande Loge Française », qui deviendra en 1773, à la suite d’une profonde transformation, le Grand Orient de France.
Au lieu de s’y associer comme le fit le roi d’Angleterre, le roi Louis XIV choisit de combattre le mouvement.
Pourtant, le comte de Clermont, bâtard du roi, devint le premier grand Maître du GODF. Par cet acte, la haute aristocratie amorce une dissidence vis-à-vis de la couronne.

De cette époque à nos jours, nous nous contenterons de rappeler la chronologie des principales évolutions, ruptures et essaimages qui marquèrent la Franc-Maçonnerie française :

- 1771 : le duc d’Orléans, futur Philippe Egalité (guillotiné par la révolution) devient Grand Maître de la Grande Loge Française.

- 1773 : le Grand Orient naît sous sa forme actuelle. Et en 1774, est créée la Maçonnerie d’adoption pour les femmes.

Citons l’initiation en 1778 de Voltaire, âgé de 84 ans, dans la loge « Les 9 sœurs » du Grand Orient.
De cette loge, quelques années après la révolution, sortira en 1793 la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen.

- 1799 : Coup d’état du 18 Brumaire…Avec Napoléon Bonaparte et Joséphine de Beauharnais, devenue impératrice en 1804, l’influence de la Maçonnerie s’accroît de manière considérable. L’entourage de Bonaparte : Roëttiers de Montaleau, Cambacérès, Joséphine elle-même, sont notoirement maçons.
Et à la chute de l’empire en 1814, la Maçonnerie, compromise avec le pouvoir décadent, s’effondre.

- 1848 : Les 3 glorieuses…Les 23, 24 et 25 Février 1848, se déroule la troisième révolution française.
Louis-Philippe refusant de faire tirer sur le peuple de Paris, abdique en faveur de son petit-fils. Mais la fragile monarchie de Juillet est vite balayée. La deuxième République est créée. Sa devise est « Liberté, Égalité ». Le Grand Orient de France y fait ajouter « Fraternité » et reprend l’ensemble à son compte.

- 1870 : La défaite de la France à Sedan face à la Prusse, balaye le second empire.
Et peu après, en réaction à cette défaite, éclate l’insurrection de la Commune de Paris (Mars à Mai 1871). La Commune de Paris confisque les biens de l’Eglise, ferme les lieux de culte. Et si sur les barricades, des bannières de loges sont brandies, c’est pour signaler aux frères versaillais que des frères sont derrière ces bannières. La Maçonnerie se partage, une nouvelle fois, entre révolutionnaires et légitimistes. C’est l’époque de l’émergence du marxisme et de l’anarcho-syndicalisme. Proudhon, Bakounine, Lafargue…ils sont francs-maçons. Thiers mènera une répression féroce contre ces francs-maçons subversifs.

- 1877 : Suppression des constitutions du Grand Orient de l’obligation de la croyance en Dieu et en l’immortalité de l’âme ; Chaque Loge devenant libre d’invoquer ou non le Grand Architecte de l’Univers ; Rupture avec la Grande Loge Unie d’Angleterre. Naissance de la Franc-maçonnerie dite « adogmatique et libérale »

- 1882 : Initiation de la première femme, Maria DERAISME, dans une loge masculine du Grand Orient. Onze ans plus tard, en 1893, Maria Deraisme fonde avec Georges MARTIN, frère du GODF, l’obédience maçonnique mixte et internationale « Le Droit Humain ».

- 1894 : Création de La Grande Loge de France, par des frères du Grand Orient de France, voulant conserver la référence stricte au Grand Architecte de l’Univers.

- 1901 : Loi du 1er Juillet 1901 sur la liberté d’association, mise en place par WALDECK ROUSSEAU, alors président du conseil, et frère.

- 1913 : Edouard de Ribaucourt, Camille SAVOIRE et Gustave BASTARD , frères du Grand Orient de France, attachés aux critères de régularité édictés par la Grande Loge Unie d’Angleterre, créent la Grande Loge Nationale Indépendante et Régulière pour la France et les Colonies, qui deviendra en 1948 La Grande Loge Nationale Française

- 1941 : Loi du 10 Novembre 1941 interdisant les « sociétés secrètes », instaurée par Vichy
L’Hôtel Cadet, siège historique du Grand Orient de France, après avoir été saccagé, devient le siège du service de répression dédié à cette chasse aux « sorcières ». Les loges françaises cessent de se réunir ; Les frères sont persécutés, et beaucoup sont déportés.

- 1945 : Rétablissement de la Franc-Maçonnerie par le Général De Gaulle

- 1958 : Pour échapper à la tutelle anglaise, et être de nouveau en relation avec les maçons des autres obédiences françaises, plusieurs loges et frères grands Officiers de la GLNF fonde la Grande Loge Traditionnelle et Symbolique Opéra.

- 1968 : Naissance de la Loge Nationale Française, essaimage de la Grande Loge Nationale Française.

- 1973 : Naissance de la Grande Loge Mixte Universelle (GLMU), par essaimage de la Fédération Mixte Internationale Le Droit Humain.

Puis, en 1982, naît la Grande Loge Mixte de France, émanation de la GLMU.