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Le langage des Maçons

Si « Ici, tout est symbole », comme le dit notre rituel, c’est que tout ce que l’on voit, entend ou fait dans nos temples maçonniques, a une signification profonde.
Rien de ce qui s’y fait, n’est le fruit du hasard. Tout y contribue à l’apprentissage initiatique.

Le symbolisme des francs-maçons renvoie à une façon d’imager le monde, aussi vieille que l’Humanité.
Les décorations pariétales des grottes rupestres ne sont pas autre chose.
Chaque chaman, médium entre une transcendance mythologique et le monde matériel, s’est servi de ce principe pour graver, dessiner ce qu’il imaginait d’un au-delà mystérieux. Ingénument, il inventait le symbole.

Ainsi, chaque civilisation a utilisé le symbole comme un véhicule ésotérique, destiné à fournir des images intuitives à notre conscience, facilitant ainsi une communication avec le monde des croyances.
C’est vraisemblablement par ce détour, que l’écriture est venue aux Hommes.

Toute approche du symbolisme commence par un voyage dans le temps et l’espace.
Les symboles maçonniques nous viennent de tous les horizons. Ils nous permettent de la sorte, un traçage philologique des influences historiques, culturelles, ethnologiques et sociologiques de notre Ordre.

Plus encore qu’un voyage, le symbole pour nous, est un langage. Et pour qu’il y ait langage, il faut une compréhension commune de « fondamentaux ». C’est une sorte de grammaire de la connaissance. Certains de nos symboles doivent évoquer les mêmes concepts basiques pour tous les francs-maçons où qu’ils se trouvent sur la surface de la terre. S’il en était autrement, il nous serait difficile d’en faire un langage commun et universel.
Chaque franc-maçon a donc un devoir d’apprentissage, de compréhension et finalement de transmission.

Cependant, il faut se méfier d’un académisme primaire et dogmatique. Le symbole maçonnique n’est pas une icône miraculeuse ou sacrée.
Certains croient que le symbolisme potentialise un pouvoir secret, inaccessible aux non-initiés ; Au risque de confondre parfois symbolisme et superstition.
Le symbole n’est pourtant porteur d’aucun pouvoir magique.
C’est un signifiant, un véhicule, un repère sur le chemin de l’initiation.
C’est en ce sens que le symbole est un médium.

Le symbolisme est une étude perpétuelle, qui opère par analogies entre réalité sensible et ce qui relève du spirituel. Il permet d’ouvrir le degré de connaissance de celui qui l’interprète.

L’emploi des symboles permet d’agir sur la nature profonde et la conscience de celui qui y a recours. Ils permettent en effet de transmettre un message que l’inconscient reçoit et traduit comme une forme de réalité.
L’approche est allégorique, indirecte, subtile. C’est ce qui confère au symbolisme sa redoutable efficacité lorsqu’on entend travailler sur soi.

Le symbole touche à la sensibilité profonde de celui qui l’interprète. C’est ce que l’on pourrait appeler « l’intimité du symbole ».
Issue de l’image mentale propre à chacun, la représentation que chacun se fait d’un symbole est personnelle. Mais cette vision personnelle, au demeurant très importante, est souvent difficile à communiquer.
Ce symbole, qui nous parle de nous, est de fait, le miroir qu’il faut savoir rendre chair. Frappez et on vous ouvrira !

Le symbolisme caractérise donc la profonde et éternelle aspiration de l’Homme cherchant à se connaître lui-même, à découvrir tout ce qui l’environne et à comprendre tout ce qui lui échappe.

Le symbolisme est le langage initiatique par excellence. Celui de l’initié comme celui de l’initiateur.
Il assure la pérennité de l’initiation, en proposant à ceux qui le souhaitent et qui s’engagent sur cette voie, une interprétation qui ne trouve de limite que dans le niveau de conscience et d’intellectualité de chacun.

La pratique maçonnique se continue dans le monde profane de différentes façons. Mais c’est bien le symbolisme et l’étude des symboles qui nous y préparent intellectuellement.
Comme le virtuose, il nous faut régulièrement faire nos gammes, pour mieux restructurer notre vision du monde et de la cité ; Nos axes de référence étant mobiles. Ce travail là est incessant et se fait pendant nos réunions maçonniques.